2007/07/28

kirk johnson dans toute sa gloire

la vie est etrange.

En me baladant sur le site de la Austin Film Society, pour voir ce que deviens cette venerable institution, je tombe sur une News qui m'enchante. Mon pote Kirk joue dans un sympathique court metrage, que je vous conseille de regarder. Dans le genre Nerd on fait difficilement mieux!

http://sxswclick.com/watch/petersons_savings_and_loan/#

alphaville

Je commence a etre obsedee par la typographie a force de parcourir la ville et de voir des tonnes de pub dans un allemand indechiffrable, parce qu'inconnu. Du coup, je repere surtout les couleurs, la forme, la dynamique des lettres. Comme j'etais deja partie sur un delire "chiffre" au debut de ce blog, je vais maintenant me consacrer aux lettres ( hommage detourne a cette belle emission...)

















2007/07/25

T AT T OO S

Vous vous en etes peut-etre deja rendus compte, la mode est a l'etoile cette annee. Donc, telles les sauterelles sur l'Egypte, telles la verole sur le bas clerge breton, les etoiles infestent, pullulent, enfin bref, ornent massivement les peaux cette annee. S'en devient kitsch.
Si vous y tenez vraiment, vous pouvez aller dans ces salons a Berlin pour vous en faire tattouer (celui ci aussi, on peut s'y faire couper les cheveux le vendredi soir, n'est-ce pas Faustine?). Mais je suis sure que vous prefererez les oeuvres un peu plus interessantes du maitre tattoueur au point d'en faire rougir votre peau.

Regardez plutot ces tatouages.

PS: Apres une faute de frappe etonnante, je propose l'entree du mot etopile dans le dictionnaire.

2007/07/24

Sunt mala quae libas - Partie 4


Pour clore rapidement la série (parce qu'il le faut bien et ça va devenir barbant), il faut terminer sur le retour à la nature.

L'imperfection est un "élément structurant du donné mondain". Traductions: le retour du mal se traduit pas le retour de la force obscure (tiens, oublié de parler de Star Wars dans le post précédent) de notre nature. L'esprit animal revient sur le devant de la scène. Il ne s'agit pas d'une simple régression, mais une attitude de "régrédience", de l'instinct primitif, de l'animal dans l'humain, dans lequel Fourier voyait le reflet des passions humaines. La télé met en scène le poil, la peau, la boue, le sombre, la cruauté, les humeurs sous leurs diverses modulations.
A ce propos il vous reste un mois pour voir l'exposition "Crad'Expo. La science impolie du corps humain" à la Cité des Sciences, qui se déroule jusqu'au 26 août 2007. Sur leur site il est indiqué que la partie 9 de l'exposition intitulée "La guerre des pets" s'interroge sur ce qui nous fait péter. "Grâce à un jeu de flipper, les visiteurs découvrent quels aliments produisent du gaz lors de la digestion. Chacun des plots représente un aliment "pétogène"." Mangez avant d'y aller, ça risque de vous couper l'appétit.

Dans cette tendance "back to the roots" on recherche des sensations terriennes. Se comprend dès lors l'appétence pour les produits du terroir, les produits à l'appellation d'origine contrôlée, la mode "bio", le souci d'habillement en fibres naturelles, et le succès des huiles essentielles ou des essences de plante.
On trouve des produits qui font sourire comme un des derniers Palmolive: "Enrichi en pures huiles essentielles de pamplemousse, orange et bois de cèdre, le nouveau gel douche Aromatherapy Vitality enveloppe le corps et l’esprit d’une aura de lumière et d’énergie positive." Le gel douche est le nouvel opium du peuple.
Ce retour au primaire, à l'état de nature se caractérise par la jouissance du moment présent. L'énergie juvénile n'a plus pour objet la revendication, le projet, l'histoire nous dit Maffesoli. Elle se manifeste et s'épuise dans l'instant (la fête…). Il parle d'un "savoir incorporé", celui de la jouissance, "celui qui dit "oui" à la terre et à ses fruits, celui qui s'enracine profondément dans les plaisirs que ces derniers offrent, fût-ce d'une façon éphémère."
Une pub pour le Club 18-30 qui est une compagnie de voyage pour jeunes, repérée dans le bouquin d'un ami est assez évocatrice. Le slogan de la campagne lui aussi: "Nothing is sacred, if it's going to be a good laugh then we're in."

Si rien n'est sacré, le Diable a encore de beaux jours devant lui.

trouvailles d'un matin


le soleil se leve doucement sur Berlin, en vrac, les photos qui m'inspirent en ce 24 juillet.

Mais d'abord voici la genese de mes decouvertes et redecouvertes.

L'autre jour j'etais partie pour visiter le musee consacre a Helmut ( non, pas Kohl!) Newton, et autres artistes agrees. En chemin, je suis tombee par hasard sur l'equivalent, en mieux, des "beaux arts". C'etaient les journees portes ouvertes de UDK, dont j'ai pu apprecier la creativite des etudiants, futurs artistes incontournables des 10 prochaines annees, ou en tout cas je leur souhaite!

Bref, apres 2 heures d'intense decfrichage, je decide de me rendre enfin a ma premiere destination. Il me reste a peine une heure pour explorer le musee. Du coup, je renonce a acheter mon billet d'entree, et me precipite vers la librairie, sesame qui me permet de retrouver toute une serie de photographes qui m'inspirent!

William Eggleston arrive en premiere ligne. Son " Los Alamos" est une sorte de reportage sur le Nouveau Mexique des 70's.

Mais son travail ne s'arrete pas la. Ses photos de jeunes filles a l'univers assez particulier, les couleurs tres marquees qu'il utilise, auraient notamment inspires Sofia Coppola pour Virgin Suicides, et David Lynch pour Blue Velvet.

La photo des deux jeunes filles est probablement ma preferee. Elle me rappelle cette ambiance tres "preraphaelite" des tableaux de Dante Gabriel Rosseti ( zappez le long paragraphe sur sa bio, sauf si c'est crucial pour vous, et admirez directement ses oeuvres!)
L' excellent blog speak, see, remember relate l'histoire derriere cette photo, qui a l'air tres posee, alors meme qu'elle s'est concretisee de maniere quasi instantanee.


2007/07/20

Berlin, Ouh la la

ALTERNATIV-POP-ELECTRO-CLASH-TRASH-HIP-HOP-PUNK
(avec des vrais morceaux de new wave)

En preparant notre soiree de demain dans Berlin la grande, on tombe sur toute une serie de dj-ettes et de groupes interessants. D'ailleurs pour facilement trouver de tres bons clubs a Berlin, squattez cette page. C'est edifiant! Les playlists des salles nourrissent genereusement mon ipod.


On pourrait vous parler pendant des heures des groupes qui vont suivre, le plus simple c'est tout de meme que vous les ecoutiez (ou pas). Attention, les pages ont des couleurs violemment criardes, inesthetiques a souhait, c'en est delicieux!





- Robots in disguise notamment cette video. Et pour la forme, Bronski Beat and the Communards qui leur inspirent un beat dans leur chanson Small Town Boy ( Gay disco never diiiiiiiiies).
- Scream Club Do you like me? Oh yeah, It's never easy is it? Aaaaaaaaaaaaaaah!
- You say party! we say die ! ( leur affiche etait tout pres de notre auberge)
- The Presets (notamment Are you the one)
- Heidi Mortenson - page qui n'est pas faite pour les epileptiques
- Puss in boots
- Cartel Couture - J'agaaaaaaaaaace
- Punks Jump Up
- Sexy Sushi - je conseille vivement "petasse" et "cheval"

"Ta criniere de feu eblouit nos combats, cheval si courageux je te nomme roi...
Merci cheval de te faire tuer en notre nom, tu es le plus beau, je t'aime...
Tu vaux mieux qu'un dauphin
Cheval, cheval je te benis parmi tous les chevaux..."
èmedéère

2007/07/14

Sunt mala quae libas - Partie 3


Comme expliqué précédemment, la frontière entre le bien et le mal devient floue, ceux-ci s'interpénétrant. L'individu exprime les multiples facettes de son désir, fussent-elles les plus sombres, les plus immorales, les moins conformes à ce qui semble être son identité (si vous êtes courageux approfondissez en cherchant le "flux héraclitéen des vécus" cher à Husserl, le vrai fond de l'existence selon lui, vous verrez que c'est chaud à comprendre, voire très chaud).
Les personnages "doubles" fascinent, il n'y a qu'à voir le succès du récent Spider-Man 3, construit sur l'ambivalence entre le bien et le mal. Lorsque Spider-man se défait du mal sous la forme de Venom, il doit l'affronter de nouveau sous une forme humaine. On peut faire un parallèle avec la légende du Graal, qu'évoque Maffesoli, dans laquelle Gauvain est l'ombre fraternelle de Perceval. "Lorsque ce dernier se bat contre Gauvain, explique-t-il, il reconnaît s'être battu contre lui-même".

Son analyse de persona est intéressante à ce propos. La personne à des identifications multiples, des masques. En psychanalyse le mot persona vient du grec Περσονα passé au latin (personare, per-sonare : parler à travers) où il désignait le masque que portaient les acteurs de théâtre.
Le pauvre Golum du Seigneur des Anneaux, source de nombreux jeux de rôle, a sans aucun doute une double personnalité. Dans les jeux de rôle on se projette dans des situations extraordinaires, on s'identifie à un héros, on se reconnaît dans un animal, on se ressource dans les éléments primordiaux de la nature: l'eau, le ciel, la terre, le feu. Regardez la bande-annonce du jeu vidéo "Le Seigneur des Anneaux. Les Ombres D'Angmar" sorti le 24 avril, vous comprendrez comme cette tendance est bien réelle.

L'existence dionysiaque (eh oui on parle beaucoup de lui) est aussi un flirt avec la mort. En exacerbant la mort, en la mimant on la dédramatise, on la familiarise. Hegel dans sa Phénoménologie de l'esprit (1807) écrivait: "La vie de l'esprit n'est pas la vie qui recule devant l'horreur de la mort, mais celle qui le supporte et se maintient dans la mort elle-même (…). L'esprit est cette puissance seulement quand il regarde face-à-face le négatif et demeure en lui. Ce séjour est le pouvoir magique qui transforme le néant en être."

Le tableau de Gustave Klimt "La Vie et la Mort" (1908-1911) met en scène, toujours selon Maffesoli, "le mélange étroit d'instinct et de cruauté, d'esprit et de sang, de souffrance et de haine, qui est à l'œuvre dans l'expression du désir" (digression: l'expo consacrée à l'artiste au Lacma fut géniale, et comme le dit un critique, "Los Angeles is the luckiest city in the world for Modern art right now").
Ainsi le "sentiment tragique" de l'existence est que la mort est le vrai prix à payer pour jouir de la vie. C'est en affrontant la mort que l'on devient plus vivant. Les rodéos à la Fast and the Furious sont moins une contestation qu'une initiation, moins une revendication qu'une sorte de pratique rituelle.

Allez, promis la prochaine partie sur le retour à la nature est la dernière.

le vrai du faux


Peut être que ce clip d'Arcade Fire me touche parce qu'il est 4h41; peut être que ce clip d'Arcade Fire me touche parce que je me suis prise au jeu, et que j'ai cru à cette histoire simple et faussement mal filmée; peut être que ce clip d'Arcade Fire me touche parce que j'ai cliqué dessus par hasard, et que je n'ai pas eu envie d'ouvrir un nouvel onglet au bout de 30 secondes;
peut être que ce clip d'Arcade Fire me touche parce qu'il est sobre et honnête, peut être que ce clip d'Arcade Fire me touche parce que la voix se suffirait à elle même. Peut être que ce clip d'Arcade Fire me touche parce que deux discours s'entremêlent, celui des paroles mi tranparentes mi mystérieuses de neighborhoods# 1 (tunnels ) (quelqu'un s'est déjà demandé pourquoi il y avait un double titre?)et celui, plus conventionnel, d'un couple que l'on suit à travers ce couple. peut être que ce clip d'Arcade Fire me touche parce qu'il a l'air autobiographique, avec un côté intimiste, quasi home video qui me perturbe.

Peut être que ce clip d'Arcade Fire me touche parce que le chanteur nous raconte sa véritable histoire, rend une espèce d'hommage à la femme qui partage sa vie ? Peut être que ce clip me touche parce qu'en fait c'est totalement amateur???


Qu'en pensez vous?




Dans l'espoir de voir des vidéos officielles, je suis allée sur le site. Nada! Mais au moins, il ya de jolies animations.

2007/07/11

Sunt mala quae libas - Partie 2


"Entrer en soi-même c'est découvrir la subversion" - Edmond Jabès.

Libérer nos pulsions les plus profondes ne veut pas dire obligatoirement entrer dans un monde de débauche. En creusant un peu on découvre que subversion vient du latin subvertere qui signifie "renverser". Ce mot désigne donc le renversement des valeurs et principes d'un système en place. Tout domaine où l'on se réclame de valeurs et de normes peut être renversé: la politique, la culture, l'art, la religion, la morale, etc.

On associe souvent la subversion au trash, mot à la mode. Googlez un peu et vous verrez que Dailymotion, le second résultat, vous propose de "share your trash video". Ce qu'on appelle trash a en fait toujours existé: lorsque Gainsbourg brûlait un billet de 500 francs à la télé, lorsque Madonna draguait un Christ noir… Le trash fonctionne encore plus aujourd'hui parce que l'on vit dans un monde angoissant, on se sent un peu Hébreux: "Mangeons et buvons car demain nous mourrons!" Deux sentiments qui semblent contradictoire se mêlent dans nos esprits. On a peur (de la mort) et envie (de profiter de la vie) à la fois. Il y a ambivalence entre attraction et répulsion. Il y a une curiosité "malsaine" pour les divers accidents, morts, blessures… pour mieux se sentir heureux de vivre. Un désir de voir le malheur, du voyeurisme donc.
La presse ne s'y est pas trompée. On connait le succès de titres comme Choc qui se vend à des centaines de milliers d'exemplaires chaque semaine. Ce type de presse qui s'adresse en priorité aux jeunes qui constituent une cible de choix pour une presse qui va intégrer une forte dose de trash.

La "sagesse" populaire, continue ainsi à reconnaitre les deux entités que sont le bien et le mal, comme équivalentes. Le mal nié ne peut en effet que ressurgir incontrôlé, d'une manière sournoise, perverse, détournée.
Le "trajet anthropologique", notion de Gilbert Durand qui le défini comme un mélange de "pulsions subjectives" (issues de la conscience et de l’inconscient) et d’"intimations objectives" (venues de conditions aussi bien atmosphériques que sociales et historiques, de la physiologie, de réflexes de toutes sortes, de phénomènes sexuels, mais aussi de succion, de digestion), est quant à lui, plus équilibré, sage, humain en ce qu'il accorde droit de cité à ce qui est, et non ce qui "devrait être".
D'où le probable succès commercial de Harry Potter and the Deathly Hallows et de Halloween, "formes modernes de l'antique vénération des esprits" selon Maffesoli.

Pour revenir sur la thématique du dionysiaque, elle conduit à s’intéresser à ce que l’on pourrait appeler “le bon usage de la violence”. Il existe toujours, dans l’homme comme dans la société, une charge d’agressivité et de violence. L’Homo sapiens est aussi un Homo demens (pour folie) selon Maffesoli et l’Histoire nous apprend que les sociétés équilibrées ont été celles arrivaient à joindre ces deux parts de l’individu et de la société, en trouvant des formes d’exutoire à la violence. Dionysos est celui qui en fait bon usage, intime avec les animaux sauvages (souvent représenté sur une panthère ou un léopard), il libère et maîtrise à la fois la violence animale de manière ritualisée.

Nous sommes ainsi amenés à nous interroger sur les multiples facettes de l'homme, ce que nous verrons dans une prochaine partie.

vogue, divague, et vagabonde




















2007/07/08

Du portrait en photographie

Annie Leibovitz, photographe portraitiste américaine renommée.
Que dire? Elle a travaillé avec Rolling Stone et Vanity Fair, ayant largement contribué à la création d'une esthétique particulière pour ces deux magazines (photographies intimistes ou excentriques de célébrités).
Car c'est en photographiant des célébrités qu'une grande partie de sa carrière s'est faite, qu'il s'agisse des Rolling Stones, de The Sopranos (superbe vidéo), ou de la reine Elizabeth II.

Mais peut-être surprend-elle plus où l'on ne l'attend pas. Nudes présente dix photos où des "célébrités" sont photographiées. Cependant, c'est avant tout un type de photographie qui est mis en valeur, le classique nu féminin - d'où le nombre important de danseuses et d'athlètes au corps et à la musculature travaillés.
Je trouve très beau le flou qui semble s'installer entre photographie et peinture dans beaucoup de ces photos. Les couleurs froides sont atténuées par ce qui semble être une base en noir et blanc. Mais elles ne se teignent pas pour autant d'un côté glauque, et surtout, elles ne font perdre aucune intensité à la photo. Les contrastes sont magnifiques, et rappellent beaucoup plus les statues de la gallerie gréco-romaine du Louvre que les corps actuellement considérés comme beaux. Ce sont davantage des jeux de lumière, de contraste et de couleurs que l'on regarde, que des parts du corps humain féminin.

NUDES
Annie Leibovitz











Infos sur ces photos ici, et ici.
Interview par
Anna B. Bohdziewicz ici
Notes: voici des blogs intéressants sur la photographie: camera obscura (parle de Leibovitz), el fotografio del provincias,

2007/07/06

Regarde, Trie, Clique, Jette










2007/07/05

Le Diable s'habille en Zara


Pauvre gente masculine. Constat en entrant dans le magasin Benetton rue de Rennes (eh oui période de soldes): la section hommes qui était à l'entrée il y a un an a été reléguée à l'arrière du magasin, près des enfants, et occupe à peine une penderie.
Dans le H&M de la même rue il n'y a carrément plus de section réservée aux hommes. En regardant sur le panneau à l'entrée on ne pouvait qu'y lire avec désespoir que les trois niveaux étaient exclusivement réservés aux femmes. Les hommes dépenseraient-ils si peu en comparaison des femmes qu'ils constituent un marché négligeable? En cherchant une réponse à cette question fort peu existentielle et en googlant "h m rue de rennes" on tombe en premier sur... le post d'un blog dénonçant cet état de fait.

Parenthèse pour le plaisir: si quelque chose t'énerve, nous ce blog, "crie le haut et fort et rejoins d'autres énervés chroniques!". Un énervé se plaignant qu'il n'y ait pas de rubrique "sexe", parce que c'est un sujet qui l'énerve (sic), a vu son exaucé. Peut-être a-t-il consulté la voyante qui fait sa pub dans une annonce sur la page.

H&M ferait mieux de s'occuper des hommes que d'habiller les Sims. Toute la presse n'explique-t-elle pas depuis quelques années que les hommes font plus attention à leur apparence? Que le terme à la mode à utiliser est métrosexuel? Toujours en googlant "beauté homme" on ne peut que constater le nombre de produits et sites réservés à l'homme.
Le Comptoir de l'homme (assez cher) à tout ce qu'il faut: crèmes hydratantes pour le visage, gel raffermissant pour les poignées d'amour, lait lavant à la banane pour les cheveux... Lancôme Men qui affirme avec conviction aimer les hommes écrit que "l'homme du 21e siècle ne se veut pas spectateur mais acteur, et cette tendance s’observe également dans le soin que les hommes apportent de nos jours à leur peau."

Même auFeminin.com s'y met avec une enquête fort ludique, ainsi que L'Express. Plus übersexuel, commeuncamion.com propose une bonne sélection de sites pour profiter des soldes. Mais bon, pas besoin d'aller en ligne, le magasin Zara de l'autre côté de la rue de Rennes possède toujours un grand espace homme. Rendez-vous y si vous parvenez à passer à travers la cohue de femmes déchainées avides de bonnes affaires.

Interpol !!! Our love to admire!

Please! let it be hopeless!

Chers addicts,

Après des rumeurs de rupture du groupe Interpol nous gracie d'un nouvel album, troisième de son état, qui, je l'espère, enverra les obsédés du groupe dans des transes frénétiques innomables.


En attendant de l'entendre, je vous souligne (humblement et dans un esprit chrétien de partage) sa sortie, le 9 juillet 2007.
Après celle de Tricky, l'une des voix qui m'obsède le plus est celle du chanteur d'Interpol, excusez donc le caractère soudain du post.

Dans le genre névrosé empêtré dans les sentiments ou leur absence mais un peu plus ballade rock, je vous propose How long de Mr. Airplane Man. Mmmh. Neurosis.

Bonne soirée à tous!

Kdz

2007/07/02

Sunt mala quae libas - Partie 1

"Le coup le plus rusé que le diable ait réussi, c'est de convaincre tout le monde qu'il n'existait pas."

Cette célèbre réplique de The Usual suspect décrit bien une réalité: le mal réside en chacun de nous, fait partie de notre quotidien et nous gagnerions à le faire ressortir de manière maîtrisée.


C'est du moins ce que nous dit en substance Michel Maffesoli, auteur de "La Part du Diable: Précis de subversion post-moderne" (2002). Il explique que le "bien" est la justification ultime du messianisme judéo-chrétien et que la peur de l'ombre (du mal) est née dans l'acte fondateur biblique (comme le récit de la chute) lorsqu'il est dit en Genèse 1,3: "Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres". C'est au nom du bien que l'on décrète ce qui doit être vécu et pensé, ceci étant à l'origine de beaucoup de tabous.

Il ajoute que "contre ce progressisme judéo-chrétien qui s'emploie à expliquer toutes choses (ex-plicare, enlever les plis), la mutation post-moderne accepte elle, les plis des archaïsmes prémodernes". Selon lui l'enjeu de cette mutation est de reconnaître la "part du diable", savoir en faire un bon usage, afin qu'elle ne submerge pas le corps social. La tendance de fond de la vie post-moderne est donc "la liaison organique du bien et du mal, du tragique et de la jubilation": c'est en acceptant le mal, sous ses diverses modulations, que l'on peut préserver notre société. C'est donc prendre à contre-pied le Retro vade satana:

Crux sancta sit mihi lux / Non draco sit mihi dux
Vade retro satana / Nunquam suade mihi vana
Sunt mala quae libas / Ipse venena bibas
Traduction pour les non-latinistes:
Que la Sainte Croix soit ma lumière / Ne laisse pas le Dragon me guider
Arrière Satan / Ne me tente jamais par de vaines choses
Ce que tu m'offres c'est le mal / Bois le poison toi-même
Maffesoli s'appuie à plusieurs reprises dans son exposé sur la figure de Dionysos, symbole de d'"hédonisme ambiant", de "sauvagerie latente", ou encore d'"animalité sereine". Ce dieu grec a inspiré l'exposition Dionysiac (merci Carole C. pour l'invitation au vernissage) qui s'est déroulée en mai 2005 à Beaubourg. Elle fut consacrée à quatorze artistes contemporains, dont le défunt Jason Rhoades qui a fait planner une remarquée menace terroriste sur l'expo qui a semble-t-il inspiré datA pour son titre "J'aime pas l'art" (écoutez le début).
L'adjectif "dionysiac" désignait selon les organisateurs "un rapport spécifique de l'art à la vie, un formidable OUI, farouche à la résignation, qui passe autant par la colère et le plaisir de la destruction que par l'exaltation de la vie et du flux, jusqu'à l'excès. Avec en sus, un goût du rire, de l'ironie et d'une certaine subversion, si tant est qu'elle soit aujourd'hui encore possible."

Nous nous pencherons sur la notion de subversion dans la prochaine partie.

Pie! Weebl and Bob ! CSI !

Bon, je me suis rendue compte en postant le dernier message que je connaissais l'une des références du flyer: "there will be some pie". A prononcer Piiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie. (Paaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaiiiille en version française).

Pour tous les ex-accros à MTV2, la référence sera claire: Weebl and Bob, et leur désir avoué/hurlé pour les pâtisseries en question.

Voici l'un des épisodes...C'est moins drôle que dans mon souvenir.

Par contre il y a un épisode/parodie de CSI par Weebl and Bob qui est beaucoup plus drôle. Ca me fait penser aux acteurs de Mad TV qui ont aussi fait une parodie de CSI hilarante. Bon, dans l'ordre, regardez:

1. N'importe quel épisode de CSI, si vous êtes en Autriche, vous avez de la chance, apparemment, ça passe trois fois par semaine: Las Vegas, Miami et New York... Addicts. Faustine, respire un grand coup, ça fait partie de cette "culture populaire" qui est très vivace et partagée.

2. La parodie de Weebl and Bob

3. La parodie de Mad TV

La pin-up nouvelle est arrivee!

Merci Rijk!

A quand la retrospective?

Regarde, Trie, Clique, Jette


anciennes et nouvelles oeuvres.
Peut-être reconnaîtrez-vous quelqu'un.


Prix
Exposition à 4wall à Londres
Profitez en pour regarder les autres dessinateurs exposés.

Roads to Beth Gibbons



Si je devais me réincarner en une voix, je serais probablement la voix de Beth Gibbons. Après le coup de projecteur de kudzu sur la sublime interprétation de Tricky, à l'origine de Massive Attack, je me suis souvenue que Portishead ne serait qu'un petit groupe certes inspiré mais sans grand interêt s'il n'était pas guidé par la mystérieuse et lancinante Beth.

Bizarrement, son chant est qualifié de "piafesque" sur wikipedia, peut être à cause de son intensité et surtout de son côté rauque et fortement cigaretté. On peut cependant remarquer que sa carrière solo est marquée par plus de douceur. Sa participation semble moins déchirante et désespérée, bien qu'elle se revendique elle même comme relativement torturée: "Suffering for your art is most definitely overrated but I do get a certain, I don't know, satisfaction from being able to deal with my paranoia and insecurity."

Beth apparaît dans le clip glaque, ou planant c'est selon, de Chris Cunningham
Si vous n'avez pas la patience de vous plonger dans l'atmosphère liquide et inquiétante de cette vidéo, sachez que Beth Gibbons surgit à la 57è seconde, à demi flottante. Selon la légende, (donc méfiance!) elle se serait presque noyée pendant le tournage.
Je ne sais pas ce que vous en penserez, mais je crois que l'aspect visuel que je préfère dans ce clip c'est la manière dont ses cheveux bougent dans l'eau. Il y a quelque chose de très léger et serein dans ce mouvement, en total contraste avec le reste de l'ambiance.




Apparement, la chanson solo Tom The Model serait inspirée par le "Do what you gotta do" de Nina Simone (autre grande figure dans mon panthéon personnel!) et l'album explore des tendances plus Billie Hollidayenne (Kudzu, j'ajoute surtout cette remarque pour que tu te jettes sur l'album Out of Season!) et folk à la Nick Drake. Une des chansons est d'ailleurs intitulée Drake, hommage au chanteur?



Difficile de savoir quels sont ses futurs projets, avec ou sans Portishead. Alors, en attendant, je voulais juste vous faire écouter le sublime Roads, qui reste pour moi le morceau le plus mythique de ses années Portishead, bien supérieurs aux déjà très beaux mais surjoués Glory box et sour times.

Ce qui frappe chez Beth Gibbons, en live, c'est ce côté incroyablement habitée par sa musique, recroquevillée sur son micro, une sorte de moment suspendu, où elle semble seule, dans sa bulle, où même l'incroyable orchestre du Roseland New York live à ses côté n'est qu'accessoire.
Au bord des larmes, mais sans le moindre pathos!



2007/07/01

Maxinquaye

Une voix sulfureuse, grave et crayeuse qui vous susurre le point auquel sa relation sexuelle/amoureuse est sordide et délicieuse. Ca vous tente? Essayez Suffocated Love, le neuvième morceau sur Maxinquaye.

Maxinquaye est le premier album de Tricky. Que dire si ce n'est qu'il est superbe et très intense. Pour des analyses plus poussées, allez ici, ici et ici, ou encore ici.

  1. "Overcome"
  2. "Ponderosa"
  3. "Black Steel"
  4. "Hell Is Around the Corner"
  5. "Pumpkin" (featuring Alison Goldfrap)
  6. "Aftermath"
  7. "Abbaon Fat Tracks"
  8. "Brand New You're Retro"
  9. "Suffocated Love"
  10. "You Don't"
  11. "Strugglin'"
  12. "Feed Me"

Youssef Nabil, enfin!!

Le monde est très petit, et très emmêlé aussi. Il y a quelques années, je tombe sur une photo prise par Youssef Nabil, que je colle religieusement dans un de mes journaux. Puis je perds de vue le journal en question, journal que je retrouve ce soir. Je m'empresse donc de chercher plus d'informations sur Youssef Nabil, Youssef Nabil qui a pour muse Frida Kahlo, une de mes peintres préférés, je pourrais continuer longtemps ainsi puisqu'Audre Lorde est passée par le Mexique qu'elle a adoré. Le monde est très petit, et très emmêlé aussi.

Je ne suis pas une fine connaisseuse de photographie. Je sais donc ce que je lis: Nabil Youssef est un égyptien né en 1972. Il vit à présent à New York. Ses photographies en noir et blanc peintes s'inspirent notamment des affiches de films égyptiens coloriées. Ce sont ces photos très glamour et "léchées" qui l'ont fait connaître. Cependant, il a toujours photographié des autoportraits moins "colorés" toujours sur une base (traditionnelle) de noir et blanc. Comme il le souligne lui-même, toutes ses photos racontent une histoire.
Ne vous arrêtez pas à la pose et à la construction très poussée de l'image pour cliquer rapidement vers d'autres cieux photographiques d'apparence plus profonds, car comme il le dit lui-même:

"J'essaie de construire mes photos sur deux niveaux. Quand on les regarde de manière très superficielle il est possible de les apprécier en tant que bonnes photos. Mais dès lors que l'on prend le temps de rentrer dans chaque photographie, ce que j'espère c'est que l'on ressent vraiment quelque chose de différent, et ceci est le message caché (dans ces photos). La seule chose à laquelle je pense quand je prends des photos, c'est que je veux rendre ce moment éternel; Je veux créer de l'immortalité à travers mon oeuvre. Je sais que nous allons tous mourrir, mais je veux au moins laisser quelque chose après moi qui continuera à vivre éternellement." (traduit de l'anglais)

Il a eu une première exposition remarquée à Mexico (Mexique, Frida... je ne vous la refais pas) en mars 2001 dont voici l'introduction. Il expose aussi à Photo Cairo en 2002, participation dont il parle dans cet article. En 2004 sa version de Frida Kahlo gagne le prix Seydou Keita aux rencontres de la photographie africaine à Bamako au Mali (voir ici aussi... Tout ceci me rappelle Africa Remix au Centre George Pompidou il y a quelques années).



Pour ceux qui m'aiment tendrement (je sais que vous êtes incroyablement nombreux et généreux), vous êtes bienvenus sur ce site, où vous pourrez m'offrir un tirage de quelques unes de ses oeuvres, pour la modique somme de 520 euros. Quand on aime, on ne compte pas.

Absolutisme

Après la découverte de la vodka islandaise mise en lumière par Kudzu, je voulais rendre hommage aux exemplaires campagnes d'Absolute, qui ont rivalisé d'imagination pour renouveler le même sempiternel concept. La bouteille est elle devenue aussi célèbre que le Swoosh de Nike? Peut être pas, mais comme la virgule, son design est si emblématique, que le jeu consiste à créer une immédiate reconnaissance et connection avec le consommateur.

Absolut a aussi su s'approprier des disciplines et des thématiques qui n'étaient a priori pas du tout
associées à la vodka, et encore moins à l'alcohol en général, pour subvertir des codes et susciter un nouvel univers visuel pour la marque. Surtout, celle-ci s'aventure sur n'importe quel terrain, pourvu que la photo ou le dessin puisse incorporer la forme de la bouteille. Encore mieux, son nom évocateur la pare d'une multitude de slogan efficace et à sens multiples.

On peut également mesurer l'impact et le succès du look de cette imparable bouteille à travers les parodies et détournements qu'elle génère. "Absolute Corruption" n'est pas, par exemple, le fruit du travail acharné de publicitaires ultra engagés, mais l'oeuvre d'un internaute.

Le phénomène est tel que dans la série Sex and the City un des personnages en quête de célébrité se retrouve à l'affiche d'une publicité géante sur Time Square. Collusion du monde diégétique avec la réalité! ça donne "Absolute Hunk"!

Je termine sur cette fausse bande annonce, réalisée par Sam Raimi qui parodie l'esthétique très Robert Rodriguez époque Desperado! A vous de retrouver toutes les bouteilles cachées dans ce spot. ça fait très "Ou est Charlie?"



















Thank you Iceland






Reyka c'est une marque de vodka venue d'Islande avec des pubs drôles. Amusez vous donc!