2008/04/14

Collage

Pour ceux qui ne l'auraient pas déjà remarqué les génériques d'ouverture de films peuvent être de véritables œuvres à part entière dont les auteurs sont ostensiblement crédités.

L'un des plus acclamés d'entre eux est sans aucun doute Saul Bass dont vous pouvez apprécier ou décortiquer le travail. Il est venu au cinéma par son travail de designer (il conçu le logo de AT&T) et ça se voit. Il conçoit ses génériques comme une succession de plans fixes qu'on l'imagine assembler sur le papier, chaque élément se rajoutant, se superposant à un autre comme un collage, constituant un seul tableau à la fin.

Maurice Binder lui nous a fait rêver de femmes nues et de pistolets rageurs en créant nombre de génériques de James Bond et on lui en voudra pas! Les tournages des séquences d'ouverture faisaient appel à des starlettes dont on ne retiendra que les corps ombrés dont la réminiscence la plus récente sont les publicités pour l'Ipod.

Pour faire un bond en avant dans le temps on évoquera le travail de Kyle Cooper (le fameux générique de Se7en) et celui de PIC Agency qui a produit le spectaculaire début de The Kingdom.

Tout ça pour dire de faire plus attention la prochaine fois que vous regarderez un film, certaines séquences d'ouverture étant de vrais courts-métrages!

2008/03/14

Jeu


N'en déplaise à Chris Anderson, si son article publié récemment dans Wired consacrant le gratuit comme le futur business model de l'économie du web a en quelque sorte relancé un débat (par la notoriété de l'auteur du Long tail) qui n'en est pas vraiment un tant il paraît désormais être une évidence, un autre article étant sans doute plus passionnant dans le même numéro.

Il s'agissait du récit d'un plan imaginé par Nixon et son brillant conseiller Kissinger en octobre 1969 afin d'en finir avec une guerre au Vietnam qui avait trop versé de sang américain, avec par dessus tout l'échec de négociations à Paris.
Le plan était simple: arrêter dans un premier temps et pour une période relativement longue les vols militaires réguliers aux abords de l'URSS, puis envoyer soudainement quelques B-52 chargés de bombes nucléaires assez puissantes pour détruire 1000 fois Moscou. Ceci pour faire croire aux soviets que Nixon avait perdu la raison ("madman theory") et qu'il était prêt à tout - les affoler donc. perdre leur plus gros soutien.
Cette opération désignée par le nom de code Giant Lance a échouée car la théorie des jeux n'est pas une science exacte. Bien que leur ayant donné un peu la frousse, l'opération n'a pas empêché les Russes de continuer à soutenir ses alliés Vietnamiens, mais à toutefois permis à plus long terme, des accords de non-prolifération des armes atomiques.

Ces dernières sont à usage dissuasif car elles servent avant tout à conserver un équilibre de force entre plusieurs puissances. Leur utilisation par l'une contre une autre ne mènerait qu'à l'anéantissement quasi-total des deux.
Bien que tirant vers la comédie, Wargames (1983) illustre parfaitement cela; l'intelligence artificielle chargée de calculer tous les scénarios possibles en cas d'attaque des États-Unis ou de l'URSS arrive à la conclusion que le mieux pour les deux... est de ne rien faire. Les Russes auraient alors fait pression sur les Nord Vietnamiens pour qu'ils retournent à la table des négociations ou sinon ils risqueraient de

Plus crédible et réaliste, Thirteen Days (2000) raconte la crise des missiles de Cuba du point de vue des frères Kennedy, des conseillers à la sécurité nationale et haut gradés, et nous donne une bonne idée du stress et des sueurs froides qu'ils ont dû avoir pendant deux semaines.
Pourquoi le citer? Parce qu'un conseiller de Kennedy expliquait dans le Washington Post que les coups de fils à 3 heures du matin n'arrivaient que très rarement, et que les présidents américains pouvaient la plupart du temps dormir sur leurs deux oreilles. On avait attendu le matin pour avertir JFK que des missiles avaient été repérés sur le sol cubain.

Pour une ex-First Lady, Hillary semble très peu connaître les réalités de la Maison Blanche avec sa publicité du "3 am call". Sans doute encore un de ses trous de mémoire.

2008/02/21

Le continent sonore - 24 heures de bruits

23/02/08 - 15h00
24/02/08 - 16h00
A Fylkingen, Stockholm
//12 artistes//
// 2 heures chacun//
//Séparés et réunis par le temps pour 24 heures//
"Mais qui y aura-t-il donc ?" me demandez vous les larmes aux yeux d'impatience.



15:00 Talk
16:00 Mark Wastell
17:00 Jean-Louis Huhta
18:00 Joachim Nordwall
19:00 Dead Letters Spell Out Dead Words
20:00 BJNilsen
21:00 Jacob Kirkegaard
22:00 Henrik Rylander
23:00 Hild Sofie Tafjord (ne mettez pas vos amplis fort...)
00:00 Mika Vainio
01:00 C. Spencer Yeh
02:00 CM von Hausswolff
03:00 Hildur Gudnadóttir
04:00 Mark Wastell
05:00 Jean-Louis Huhta
06:00 Joachim Nordwall
07:00 Dead Letters Spell Out Dead Words
08:00 BJNilsen
09:00 Jacob Kirkegaard
10:00 Henrik Rylander
11:00 Hild Sofie Tafjord
12:00 Mika Vainio
13:00 C. Spencer Yeh
14:00 CM von Hausswolff
15:00 Hildur Gudnadóttir
16:00 The End

En parcourant les oeuvres sonores et musicales des participants, j'ai eu l'impression de découvrir un nouveau continent. Comme le souligne très bien le label Ideal Records "votre bruit est notre musique".

Ca coûte à peu près douze euros, ce qui n'est pas grand chose étant donnée la révolution de votre univers musical qui s'en suivra sans aucun doute. Bref, il y a encore des places sur les avions de Ryanair pour Stockholm, profitez-en.
Je n'y connais rien, donc je ne vais pas vous résumer des articles de Wikipedia, vous savez les trouver aussi bien que moi. Pour vous donner un exemple Jacob Kirkegaard a créé Four Rooms en enregistrant les sons de salles de Tchernobyl, en rediffusant ces sons dans la pièce en question puis les réenregistrant et ainsi de suite jusqu'à dix fois pour certaines. Quelques clés dans ce paysage de sons brutes à mes oreilles encore naïves: drone/dronologie, La Monte Young (ici aussi), noise music.

French Quirkism

En parcourant The Onion, je suis tombée sur une interview de Michel Gondry par The A.V. Club qui parle de son dernier film, "Be Kind Rewind", de son coté quirky et de l'auto-production du divertissement. Elle est en anglais, mais j'en ai traduit quelques passages. "Be Kind Rewind" se concentre sur un pâté de maisons. Le personnage joué par Danny Glover tient un magasin de vidéos que la ville menace de fermer. Alors qu'il est absent, toutes les vidéos sont effacées. Le gérant joué par Mos Def et un type du coin, joué par Jack Black, décident alors de sauver le magasin en rejouant toutes les vidéos. Voici donc quelques extraits de l'interview. Vous pouvez la retrouver dans son integralité ici.

AVC: Ce film etait-il inspiré par la realisation de David Chapelle´s Block Party?

MG: Oui, complètement. J'avais ce concept en tête depuis des années, ce gamin qui reproduirait des films, (...) croire que les gens peuvent créer leur propre divertissement, et qu'ils le preféreraient car ils seraient dedans. Et le film n'aurait pas à être abouti techniquement, parce que ce serait comme un home-movie. On ne le regarde pas pour la technique, mais parce qu'il rappelle de bons moments passés entre amis. Il vous reflète: Il vous appartient. Je pensais qu'au lieu de dépenser leur argent pour aller voir des blockbusters, les gens feraient leurs propres films. (...)
Pour ce qui est de David Chappelle, Chappelle était intrigué, interessé par ce projet pour un temps, et il a mentionné quelques films que l'on pourrait refaire: Driving Miss Daisy, Rush Hour 2, c'etait son idée... Boys N The Hood aussi. Ca m'a permis de me sentir plus à l'aise pour parler de certains problèmes. Je suis plutot timide quant à développer des problèmes raciaux. Mais parce que j'ai travaillé avec lui et que je l'ai eu à mes cotes, je me disais: "Ok, Je pourrais en parler. C'est bon". J'ai rencontré Mos Def grace à lui. J'ai commencé à m'interesser davantage aux questions sociales et à l'utilisation du film comme moyen d'être plus sensible au monde qui nous entoure. C'est la première fois que je parle de quelque chose d'autre que le cerveau.
AVC: Certains utilisent le mot "fantasque" (whimsical) pour décrire votre oeuvre. La dernière fois que nous avons parlé, vous avez abordez la negativité que vous partagez avec Charlie Kaufman. Trouvez vous que ces sensibilités entrent en conflit dans vos oeuvres?

MG: Non, je ne suis pas aussi pessismiste que Charlie. Il y a ce pessimisme que nous partageons. (Mais) je voulais faire une comédie qui remonte le moral (feel-good comedy). Mais pas à la Frank Capra. Plutôt comme les italiens, des Vittorio De Sica, des (réalisateurs) plus socialistes. Certaines comédies americaines sont très conservatrices. Elles remontent le moral. Et elles sont géniales, mais ca reste vraiment très très conservateur. Miracle à Milan de De Sica est un superbe film à propos d'une communauté de sans-abris qui créent leur propre systeme. Et un ange qui vient les aider. Au fond c'est des gens qu'il s'agit. Ce n'est pas à propos d'une banque ou d'une entreprise. C'est vraiment des gens qu'il s'agit.

AVC: Ceci est votre second film entièrement issu de votre propre scénario. Pensez-vous travailler à nouveau avec un autre scénariste?

MG: Oui, je vais travailler avec Dan Clowes. Apres quelqu'un comme Charlie Kaufman, la barre est placée haut. Il est difficile de trouver quelqu'un qui... Chez beaucoup de scénaristes, je vois clairement un désir de succès precéder celui de s'exprimer. Parfois les gens s'agacent quand vous voulez etre different. Vous parler d'(un côté) fantasque (whimsical), c'est un mot que j'aime. Mais parfois ils utilisent le mot quirky péjorativement. Alors je suis frustré, parce qu'ils ont l'impression que je fait tout ce que je veux, sans qu'il n'y ait de fondement, et que je m'en fous. Ils ont l'impression que c'est du cynisme. Mais je ne crois pas porter de cynisme en moi. Et si j'en avais... Je hais le cynisme. Je m'en dégage. Je n'aime pas les cyniques. Le cynisme c'est très facile. Vous n'avez pas à le justifier. Vous n'avez pas à battre pour le défendre.

2008/02/08

Ecoute, Trie, Clique, Jette

Tout le monde use jusqu'à l'os ses concepts, pourquoi ne ferions-nous pas de même? Tout ceci est tiré d'une écoute de 120 Minutes sur MTV2.

- Just Fascination - Cabaret Voltaire



- Over - Portishead


- Weird Science - Does it offend you, yeah?



- The Poison Dart - The Bug ft Warrior Queen



- Clear-Cut - Lali Puna



- Veni Vidi Vici - The Black Lips



- The Beat that my Heart skipped - Dan Le Sac Vs Scroobius Pip



Prochaine étape: un "mange, trie, goûte, jette"!


Otez ce dessin que je ne saurais voir

Pour tous les dessins moches, les dessins brouillonesques, avec des couleurs fades ou criardes probablement de mauvais goût, de qualité de trait border line, pour tous les dessins qui ne passent pas la barre de votre critique nez, ceux qui ont des personnages bizarres, des histoires bizzares, avec des titres bizarres, ceux qui n'ont pas d'emphase, sur des sujets moisis, pour tous les dessins animés ou non, où la meuf n'est ni blonde ni bonne et le mec un loser de première, ceux qui n'ont pas la décence de s'affirmer post-culturels ou expérimentaux pour combler l'absence de mignon, pour tous ces dessins, j'écris ce poste.

Aujourd'hui, ce sera Bill Plympton. Si son trait vous rappelle furieusement la fin des années 1980 ou peut être le début des années 1990, voir Microsoft, c'est peut-être pour ça. Mais comme vous vous en doutez bien, il y a des choses plus intéressantes chez Plympton que sa pub pour Microsoft dans la vie, si si.


Your Face - 1987 - 3'10

Troublant, non? Quelle est votre transformation préférée? J'aime beaucoup celle où le visage s'aspire. Vous pensez que Les Guignols se sont inspirés de la tête bourgeonnante?

When Push Comes To Shove -1992 - 6'30



Je ne veux pas voler la présentation du court faite ici, sachez seulement qu'elle intéressante.


Mutant Aliens - 2001 - 81'



Avec une première scène qui rappelle étrangement un film qui a explosé le box office il y a plusieurs années de cela. Pour voir l'envers du décor, c'est ici.


25 Manières d'Arrêter de Fumer -1989 - 4'48


En ces temps défavorables aux fumeurs, je compatis, et me permets d'avancer ces quelques méthodes pour vous aider à arrêter de fumer dans le froid.


Sex and Violence - 1997 - 8' normalement



Âmes sensibles s'abstenir! Aah le coup de l'écureuil, aah la cheerleader...


Hair High - 2004 - 78'



Le petit dernier de la fin, avec un petit goût de Carrie dans la bouche, tout le monde le dit.

2008/02/06

Vives


Après une courte absence (pour changer), un post très "vrac". Pas de doux-amer ici, mais des couleurs et des liens en suspension, limite sur fond blanc. J'ai la fleeeeeemme de vous attirer vers des artistes passionants, alors soyez bienveillants!

Commençons d'abord pas la charmante Mika Ninagawa, photographe japonaise, réalisatrice à ses heures. Elle fait parti (plus ou moins volontairement) d'un mouvement des années 1990 au Japon de jeunes femmes photographes, "onnanoko shashinka". Pour une brève description de la place de la photographie au Japon, c'est ici!
Je ne vous la refais pas dans la longueur: milieu d'hommes depuis longtemps, avènement de quelques femmes photographes qui photographient ce qu'elles voient, leur vie... (existe-t-il une photographie de femmes?).
Le fait est que ça s'est apparemment vite transformé en iconographie de la petite culotte vue par des femmes... sauf chez Ninagawa. Elle a exposé chez Colette il n'y a pas très longtemps, mais surtout chez Tomio Koyama (tiens tiens). Je suis une grande fan de Liquid Dreams, en attendant des images de grande qualité, délectez-vous de celles-ci.

PS: elle aime bien les couleurs franches, mais ça vous l'auriez vu par vous-même.



"Depuis le début, il se trouve que mon travail se révèle particulièrement compatible avec un écran d’ordinateur. Peut-être est-ce dû aux couleurs de mes photos."

"Later, when I did more research into goldfish, I realized that they had been bred to look a certain way just to be attractive to people. Some didn't even have fins in the proper or practical location. It was at this point that I realized that their artificiality suited my work perfectly, and started this project."
"I found it sad the way the goldfish have been manipulated," says Ninagawa, "and this is difficult to explain. But then I wondered whether my 'pity' for the goldfish -- thinking 'they are cute but also sad' -- didn't represent a sort of human arrogance. This brought me to the point where I wanted to look at the 'but' in this equation."



Et pour appréhender la photographe, quoi de mieux que de lire les commentaires de la personne qui a construit son site? S'y trouvent des questions sur la meilleure manière d'exposer ses photos par exemple. Ninagawa aurait apparemment été dans une phase où elle se serait éloignée du blanc comme fond, le designer a suivi cette évolution, un fond noir faisant beaucoup mieux ressortir les couleurs. Comme quoi il n'y a rien de tel que l'absence par synthèse additive!

2008/02/03

"everybody wants to go to Japan"










Le Japon est partout, même quand je me résous finalement à abandonner la lecture un peu en dent de scie de "the wind-up bird chronicle" de Haruki Murakami, je me retrouve confrontée presque malgré moi à la somptuosité des affiches made in Japan de films qui ne m'avaient pas forcément laissé des souvenirs immémoriaux, mais dont l'intelligence esthétique me donnerait presque envie de les redécouvrir. (en fait, je mens j'ai jamais vu "help"!)
La dernière ne m'évoque rien, je ne sais même pas si le film a été exporté, mais il y a quelque chose de magnétique et d'assez angoissant dans ce poster. J'imagine un somptueux film fantasticohorreur, mais pas à la slasher movie, plus proche d'un univers oniriquebarré dans la lignée d'Old Boy.



Sinon, j'ai aussi trouvé 2 posters récents qui n'ont rien à voir avec les "visuels" relayés par JCDecaux qui ont envahi Paris, et qui à mon avis donnent beaucoup plus envie d'aller voir "la guerre..." que la proposition marketing fade officielle.







J'aime aussi le côté 70's de cette version de "We own the night"!

Ce post est aussi un hommage indirect à Kudzu. C'est en voyant l'affiche que tu as "postée" de "be kind rewind" que j'ai aussi décidé de me consacrer officiellement à cette comparaison!
et comme diraient les soeurs Cocorosie "everybody wants to go to Japan"

2008/01/22

incompréhension




Moi qui voulait faire un grand retour en fanfare!!!!!!

j'ai recyclé mon post du 5 août, et au moment de l'afficher, je pensais que ça serait updaté, mais non il est restée planqué à la date où il a été "brouilloné".
Bref, j'avais quand même envie que vous puissiez le lire, alors voici le lien
http://callyouup.blogspot.com/2007/08/great-expectations.html
[edit: date changée]

en attendant voici quelques fantaisies pour 2008
Je vous ai déjà dit à quel point je suis envoûtée par les affiches de Criterion???
Leurs DVD devraient donner envie au monde entier de ne pas télécharger. C'est peut être la meilleure réponse au piratage, bon, soit à condition de ne pas vouloir se ruer sur Resident Evil Extinction... et d'avoir en moyenne 25$ à débourser par film. Et je crois qu'ils n'existent pas en France, à moins que Potemkine se soit rués dessus en import?????
Bref, je confesse que je n'en ai pas acheté du temps de mon exil américain, et maintenant je le regrette...


great expectations ???


Pour mon retour sur le blog, je recycle un brouillon écrit en août, et bizarrement toujours d'actualité!
Si vous vous demandez ce que vient faire ce dinosaure vert, c'est la première image un peu décalée sélectionnée en tapant "return" dans Google images, petite exploration virtuelle à laquelle je me livre à mes moments perdus. On trouve souvent des choses incongrus!



Donc, ce brouillon avait pour thème les films que j'attendais avec impatience, sortis nulle part, et dont les dates restaient approximatives.

Dans la série " Ne nous réjouissons pas trop vite" il y a le fantasque Le Darjeling Limited de mon prodige préféré, Wes Anderson. Sauf que le timing assez bizarre des dialogues et du montage de ses films peut donner le meilleur, Royal Tennembaum, comme le moins bon, La vie aquatique. Je reste donc circonspecte, tout en ayant très envie d´adorer.
La bonne nouvelle c'est qu´'il s'attaque encore a son sujet de prédilection, la famille, et que les fidèles, Owen Wilson et Jason Schwartzman (j'écorche probablement son nom!) sont encore de la partie, avec Adrian Brody qui rejoint ce clan déluré. La BO a l'air pleine de promesses mélodieuses, avec en prime des morceaux des films indiens de Satiajit Ray.



Et dans les sorties si floues qu'on peut seulement les catégoriser comme " dans longtemps", Margot at the wedding, par Noah Baumbach, qui s'est déjà illustré avec le rigolo "the squid and the whale" insupportablement traduit en Français en "Les Berkman se separent".
"Margot" a tout du petit film faussement indie porte par des "A List", apportant ainsi une caution de ñodestie aux plus grands studio. Le scénar tient sur une alumette, mais a l'air de reserver quelques jolis moments d'émotion, en espérant que ca ne tombe pas dans le mièvre.
Et puis, il est temps de l'avouer, j'aime bien Jack Black!



Remarque par rapport à août: les dates se sont vaguement précisées: Darjeeling et Margot sortent respectivement les 19 mars et "prochainement"...


Sinon, en bonus, je laisse mes premières impressions sur Eastern Promises. C'est assez drôle rétrospectivement. J'ai radicalement changé d'opinion après l'avoir vu au cinéma! Un des grands films de cet automne! Et Viggo Mortensen vient de décrocher "an oscar nod", comme disent Variety et mon préféré The Playlist (oui, oui, j'ai décidé de continuer à rabâcher mon adoration pour ce blog! d'ailleurs, je ferai de 2008 l'année The Playlist, quitte à me faire des ennemis excédés par tant de radotage!)

Eastern Promises, le nouveau Cronenberg avait tout bon sur le papier: une nouvelle colaboration avec Viggo, inoubliable depuis History of Violence, le retour de Naomi Watts, Vincent Cassel en sombre personnage de l'Est affublé d'un accent à couper au couteau, bref que du bonheur torturé en perspective!



A l'arrivée la bande annonce est risible, indigne du créateur de Crash et Videodrome (les affiches sont juste sublimes). Tout espoir d'un bon thriller malin et fidèle à l'univers malfaisant et trouble du réalisateur canadien semble perdu! Merci Youtube, j'ai trouvé la fin de Crash commentée par Cronenberg. Je ne sais pas si vous l'avez déjà vu, donc ça aura peut être moins d'impact.

http://www.youtube.com/watch?v=QVg3wNXu_nc

Enfin, peut être qu'il faut surtout blamer l'équipe distribution de Focus Features qui semble se spécialiser dans les mauvais trailers. Je me souviens notamment qu'ils avaient fait passer Lost In Translation pour une bluette de voyage tokyoite, et que je m'étais méfiée... depuis le premier visionnage c'est devenu mon film culte!

2008/01/18

Rose


Le double numéro de The Economist de noël rend hommage à Florence Nightingale dans un passionnant article et prouve qu'un graphique peut être un instrument puissant appelant à des changements radicaux sociaux ou politiques.
Celle qui est un peu la "patronne" des infirmières a apporté beaucoup au métier en se battant pour améliorer les conditions de vie et les soins apportés au soldats en temps de guerre comme en temps de paix.
Après une rencontre avec William Farr, un des fondateurs des statistiques médicales, elle compile des données et réalise en 1858 un diagramme appelé désormais "Nightingale's Rose" qui démontre la première cause de mortalité chez les soldats sont les infections (et démontra une autre fois que 90% des patients des hôpitaux de Londres y mourraient contre 60% pour ceux ne s'y rendant pas...).

Un visuel ne change pas la réalité a priori mais notre perception de celle-ci et plus particulièrement du temps, des quantités et des distances.
Richard Hollis dans "Le graphisme de 1890 à nos jours" montre ainsi l'apport de Henry C. Beck qui redessina le plan du métro de Londres en 1933 sur lequel les stations ne sont plus reliées en distances réelles mais en fonction de leurs relations entre elles. Il savait que les passagers ne souciaient pas de savoir à quelle distance se situaient exactement les stations entre elles, mais comment aller d'un A à un point B le plus clairement possible.

Un très récent exemple, trouvé sur Information Aesthetics, de la mise en forme intelligente et originale de données est le rapport annuel que met en ligne depuis 2005 le designer Nicholas Felton sur ses activités (voyages, nombre de pages de livres lues, de titres musicaux écoutés...). Le dernier rapport de 2007 est brillamment exécuté tant au niveau de l'utilisation de la typographie (superbe police Feijoa) que des graphiques.
Certes le message n'est pas fort mais cela fait justement l'originalité du projet: comment peut-il durant une année entière noter tout ce qu'il fait?!

2008/01/16

Post-Irony, quirkiness, low-key sincerity

En écoutant "Holland, 1945" de Neutral Milk Hotel, en glandouillant sur le site d'Etgar Keret, puis sur le site du film inspiré de son livre, La colo de Kneller, Wristcutters: A love story, je suis tombée sur le mot "post-ironic". Dans cet article plus précisément.

Comme beaucoup de mots composés avec le mot "post-", j'ai eu un moment de doute. Qu'est-ce encore que cette vaste foutaise? Puis touchée par la Grâce, je me suis demandée si je n'avais pas trouvé le mot pour décrire cette impression durable que me laissent toute une série de vidéos, livres, articles, chansons et personnes?

Le quirky-post-ironism, c'est le culte de l'instant non-évènementeux dénué de toute prise de position morale et de sens, le non-affecté (qui a un tout petit goût d'affecté), mais qui passe merveilleusement bien, surtout si vous portez des converses défoncées, des vêtements vintage qui clochent adorablement. Vous êtes dans ce petit coin paumé (remarquez qu'il suffit qu'il soit paumé ce coin, genre Suburbia version late 1970s ou plus largement Petah Tiqva...). Autour de vous, des personnages attachants qui font des gaffes, mais qui sont adorables avec leurs défauts, leur beauté adolescente, leurs manières étranges d'être, de ressentir et de communiquer leurs sentiments (joie, amour, humour...). Tout est tellement absurde que ça en devient drôle. Bref, une bulle d'air dans ce monde brutal de surconsommation et d'imitation de masse.

Je mentirais en disant que j'ai parfaitement compris ce que "post-ironic" signifie, mais qui ne ment pas en disant qu'il/elle comprend "post-porn", "post-modern", ou "post-conscious"? Il faut le lier au mot "quirky" apparemment. Il fait partie du vaste monde conceptuel hipster. Qu'est-ce qui fait partie de ce petit monde? Wes Anderson, Arrested Development, Miranda July, Donnie Darko, Eternal Sunshine, Etgar Keret, Garden State et Banana Yoshimoto... A moins que je ne confonde excessivement post-ironic et quirky?

Dans cet article de The Guardian intitulé "The Final Irony", l''auteur brocarde les mauvais usages faits du terme ironie ainsi que l'idée selon laquelle nous serions plongés dans l'époque de l'ironie. Je résume: aujourd'hui l'ironie est une manière de ne jamais prendre position, tout en dénonçant la fausseté constante du discours ambiant. Il n'y a ni vérité ni morale, rien n'est sincère (post-moderne). Il ne reste dans cette absence-fouilli l'instant et la communication des sentiments que l'on arrive enfin à réaliser parce que l'on se tait. Post-ironical-quirkism.

Le quirky comme réponse à la post-irony? Dans le quirky, dans son côté "l'instant, juste l'instant" le cerveau s'arrête de tout brûler au nom de la fausseté et contemple le sentiment qui a enfin une place. L'un aurait besoin de l'autre pour ne pas sombrer dans le sentimentalisme qui révulse de nos jours, ou l'hyper-cynisme qui est juste fatigant (et pas vraiment drôle).

Aah, ces héros en mode mineur qui ne s'assument pas.

2008/01/15

These New Puritans

Troublant ce clip du morceau "Elvis" de These New Puritans, non?


When a Blogger Calls

Quoi? Un nouveau design?! Si si. Pas de grand changements, mais une amélioration certaine de la lisibilité.
La pin up habituelle est là, sans toutefois trop d'artifices (plus classe en cette nouvelle année). Les égéries de Petty ont été remplacées - du moins pour l'instant- par celles de Al Moore, on ne s'en plaindra pas, direz-vous!
Exit toutefois l'habituel téléphone... En voici un ci-contre pour la peine!

Un rappel nécessaire: les images des posts cachent souvent des liens, n'hésitez pas à cliquer sur celles-ci.