2007/04/04

Montre moi ton Ipod, je te dirais qui tu es

Soyons clairs, je n'ai pas d'amour particulier pour apple ni leur pipod (le doux nom du mien), mais le fait est que je suis cernée!

Revenons en aux faits, oui, aux faits: vous êtes en soirée, canapé, fenêtre, cuisine, canapé, vivres, boissons, canapé... Au détour de vos allers et retours, vous croisez une discussion animée. Vous vous y joignez, curieuse. Comme par magie, la discussion dérape sur vos goûts musicaux, et là, horreur, quelqu'un dégaîne son lecteur MP3.
Geste anodin? Simple invitation au partage? ...
Non je ne crois pas, monsieur, non. Face à un tel questionnement socio-culturel, il y a plusieurs possibilités:

Votre pouce fatigue à force de tournoyer dans un océan d'inconnus (mais, qui est donc cette "Björk" dont ils parlent tant?). Là c'est juste dommage.

Par hasard vous croisez votre ménestrel du moment, et comparez la qualité de son dernier album/ de sa dernière collaboration à un autre ménestrel assez proche (est-ce que quelqu'un accepterait de comparer Psapp et Cocorosie à ma place?) mais vous sentez assez rapidement la pression monter: et s'il/elle n'aime pas le prochain groupe dont je vais parler? Saurais-je seulement me remettre du camouflet social de son silence dédaigneux? Face à tant d'incertitudes, vous reprennez vos bonnes habitudes en commençant par la boisson.

C'est votre nuit de chance! Vous êtes tombé sur votre double (Faustine et moi par exemple), pouvez parler musique pendant des heures, heures ponctuées par de grandes exclamations et les interjections correspondantes: "Ah!! Mais que penses-tu de leur second album? J'étais un peu déçue. Oui mais, ils ont renoué avec X, le son est nouveau mais on s'y habitue...D'ailleurs, ça me rappelle Y... Oui!!! C'est trop ça! J'adore pppp sur leur dernier album...". Profitez en, l'aube est proche et ça n'arrive qu'à une soirée sur 10.


Le fait est qu'il faut un terrain commun dense et riche pour parler musique. De fait, méfiance! quand dégainage d'Ipod il y a, le côté drôle du name dropping musical rencontre très vite ses limites. Cette remarque s'applique particulièrement à des genres aussi variés et évolutifs que le Trip-Hop où clouer le bec de l'interlocuteur devient le but inavoué de la conversation (le titre inavoué étant: j'en connais plus que toi, darling, laisse moi juste te montrer à quel point tu n'y connais rien).

Intruder, beware, you will be eaten up by the introvert music expert!

Pour lutter contre votre (mon) manque de hype, je propose un système de trêve universel où les mots "blue girl" serviraient de signal à vos amis pour changer de conversation. Je vous conseille aussi ce site. On trouve dès lors que l'on s edonne la peine de chercher. Je pense que la première solution est la plus simple
http://www.trip-hop.net/index.html

Dire que ce message était à l'origine pour vous enjoindre à écouter "French cuisine" d'Alif Tree, un album très savoureux classé dans la catégorie Trip-Hop, bien que cette appellation ne me soit pas toujours limpide... Ciel que je suis organisée! Je pourrais vous décrire Alif Tree, ses bribes de jazz, ses voix laissant plâner un certain mystère, ses rythmiques entraînantes et l'impression de chercher "le bon bar" sur le boulevard St Germain, la musique, vos pas et le traffic à l'unisson... Mais je n'en ferai rien.

Bref, écoutez Alif Tree, et vous vous ferez du bien, allez, zou!

http://www.youtube.com/watch?v=4VkLR4ccpRQ

Take the subway!

Alors que les beaux jours pourraient pousser certains à prendre le bus, voire marcher, je milite fermement pour une fréquentation assidue du métro en période pre-estivale et estivale. Au moins cinq excellentes raisons de le faire:
  • Il existe des stations fantômes et des stations privées.
  • Il peut y avoir des gens très étranges dans le métro, des gens que vous ne croiseriez jamais plus de quelques secondes dans la rue, et là, oh miracle, vous êtes assis(e) en face d'eux pendant tout un trajet. Crinières extraordinaires, tenues de choc, en période estivale, le carnaval n'a pas de fin.
  • Prendre le métro, ce n'est pas simplement aller d'un point A à un point B. C'est une nouvelle manière de gérer l'espace : un(e) inconnu(e) est à moins de 1 m de vous, normalement, vous vous éloignez de cette personne, mais là, horreur, vous n'avez pas le choix, des balancements de la rame peuvent même vous forcer à entrer en contact. Alors vous apprenez à recréer la distance... en regardant au loin, d'où la communauté de regards fixes et perdus dans une rame. Le métro, cette école de la vie.

  • Il fait - quelques fois- frais dans le métro, ce qui en ces temps d'obsession pour le réchauffement climatique a des avantages insoupçonnés (la station Chatêlet de la ligne 11 est une cruelle exception à cette règle, vive les pneus en caoutchouc).

  • On peut lire de la poésie - parfois cryptique je l'admets - dans le métro parisien.
    "Reste debout, oui, debout,
    parmi la foule urgente
    remplie de voyageurs à rebours
    - les fragments ignorent leurs coincidences"

    Jean-Simon Desrochers

Toujours à propos du métro, Vos désirs sont désordres de Mako Yoshikawa, ou les hallucinations vivaces d'une jeune feme d'origine japonaise, au milieu des quelles se promène un homme amoureux du métro de New York.
Pour ce globe-trotter invétéré, chaque station est un nouveau voyage, chaque ligne une possibilité de transhumance. Bref, difficile de ne pas s'amouracher de son métro après une telle lecture.
http://www.shunkin.net/Auteurs/?aut=1&tit=1&trad=1&edit=1&book=973

Au croisement du dépaysement et du simple déplacement, cet article pour passionnés du métro, et leur classement, Londres en premier, Paris est second et Moscou troisième. Les commentaires sont au moins aussi intéressants que l'article. "Top 11 underground transit system throughout the world"
http://www.virgin-vacations.com/site_vv/11-top-underground-transit-systems-in-the-world.asp

Le nombre de réseaux que je connais: 5

Mon préféré: le métro parisien

Ma ligne préférée: la 2

Ma station préférée: mmh... Arts et Métiers probablement pour son côté 20 000 Lieues sous les mers, Porte des Lilas est une belle station aussi. En fait, toute station qui pendant quelques semaines révèle des affiches des années 1950, et les plans de métro correspondant est faite pour moi

La ligne que je déteste: La 10

Les stations que je déteste: les demi-stations de la même ligne.
Faustine, des films sur le métro?

2007/04/03

Lumieres rouge



Parler de Pinter est l'occasion de dire quelques mots sur un auteur contemporain découvert durant la même période, à savoir Adam Rapp.
Auteur et metteur en scène venant de Chicago, outre sa contribution remarquée à The L World, il a écrit le très explicite Red Light Winter, dont un acte a été mis en scène dans le cours cité précédemment.

L'histoire est celle d'un triangle amoureux, classique direz vous. Mais lorsque la fille est une prostituée du quartier rouge Amsterdam, ça l'est moins. Davis et Matt sont deux potes qui vont dans la sin city européenne afin de que le deuxième reprennent un peu le goût de vivre (l'ancienne copine de l'un est la nouvelle de l'autre...). L'extraverti Davis qui était allé faire un tour, va alors faire à son retour dans la chambre d'hostel qu'ils partagent, un cadeau à l'introverti et pathétique Matt, qui avait entre temps tenté de se suicider: Christina une prostituée française assez mystérieuse dont il tombera amoureux. Sauf que vous l'aurez peut-être deviné, elle-même tombera amoureuse de Davis.

Si le théâtre contemporain est déjà assez intéressant en soi en raison des thèmes évoqués proches de nous, le recours à des scènes très explicites en live (imaginez les spectateurs à quelques mètres d'acteurs simulant des relations sexuelles) donnent une autre dimension car on entre dans l'intime, ou est mis face à des actes qu'on ne voit jamais autrement que sur petit écran. Cette sexualité à laquelle on est directement confronté est semblable à celle qu'on voit exposée derrière les vitrines du quartier rouge. Les motivations assez troubles des personnages semblables à celles des femmes qui vendent leurs corps.

2007/04/01

Gardiennage


Il ne reste que quelques représentations de la pièce de Harold Pinter "Le Gardien" au théâtre de Paris. Cette pièce fut une grande expérience, cela dû en très grande partie à l'excellent Robert Hirsch, absolument crédible en SDF un peu fou. Cela dit, les autres l'étaient tout autant: il faut l'être pour accueillir un inconnu chez soi et lui proposer de garder sa maison!

L'excellent jeu de Hirsch contrastait avec celui du jeune Thèvenin qui semblait surjouer à tout moment, à tel point que ça en devenait agaçant. Allez on dira que c'était un mauvais soir pour lui (ce dont on peut douter car ça doit l'être tout les soirs)...

Pinter fut une découverte lors d'un cours de mise en scène durant lequel il a fallut assister Alex, une camarade. La pièce à préparer pour la fin du trismestre était "Betrayal" ("Trahison"), différente du "Gardien" sur plusieurs points. C'est un dialogue au ton plutôt sombre avec un peu moins d'humour, entre d'anciens amants qui se retrouvent dans un bar après quelques années. Tout reposant sur le texte il s'agissait vraiment d'être juste dans son interprétation et de faire ressortir toute la force du dialogue, ce que ma foi, Alex réussit pas trop mal.

YouTube addiction

YouTube est un peu une malédiction quand on a un esprit d'association surdéveloppé!!
Donc, comment s'empêcher de surfer d'une vidéo à l'autre sans s'arrêter? Je n'ai pas encore trouver la solution!

En attendant, au moins je peux partager cette vidéo de Michel Gondry, tournée pr Levis, à l'époque où son nom ne disait rien à personne, excepté à 300 personnes réunies entre Paris, NY et LA!




Si vous voulez enfin savoir ce qui se cache derrière la fabrication d'un album de cocorosie:
une harpe, 2 filles, 1 sifflet, 1 trompette pr enfants, et bien sûr, comment n'y avais-je pas pensé? une sorte de jeu avec plein de bruitages pr amuser les bambins (ça a sûrement un nom ms là impossible d'imaginer)
et leurs voix quand même...

Bref, une jolie music session improvisée



Une fabuleuse collaboration entre Cocorosie et Antony (de Antony and the Johnsons, mon indéniable obsession de l'année!)
je peux comprendre que la vidéo elle même soit un peu longue et pas forcément "watcher-friendly", ms écouter la tout en regardant des oeuvres intrigantes et abstraites?

Les amants du pont neuf

Je viens de faire une découverte hallucinante sur le marketing des DVD américains. "Les amants du pont neuf" sont sortis en DVD sous la houlette (oui, oui "sous la houlette", c'est une expression trop bafouée, il faut la remettre à l'ordre du jour!) de Miramax et avec le haut patronage de Martin Scorsese. Bref, on s'attend à une bande annonce assez sobre et subtile, et là...... catastrophe!

Prenez une minute pour regarder ce trailer dévastateur, et totalement cliché!




Avant de découvrir un extrait de la version française:



Je précise que le film ne vogue pas sur la vague de "La môme"! ça m'a fait bizarre de réentendre "je ne regrette rien" dans ce contexte!

Enfin, bon, le film n'a quand même rien à voir avec les bandes annonces, c'est ça qui est sidérant avec la promo! dans la mesure où le film commence avec Denis Lavant qui se scratch la gueule sur la chaussée, où il se fait ramasser dans un hospice, avec des clochards filmé façon caméra vérité dans des douches, où Juliette Binoche passe la moitié du film dans un état de délabrement avec un énorme pansement sur la gueule, on peut pas dire que le film soit vraiment glamour!

C'est un film violent, boulversant, complètement atypique, avec une scène de ski nautique sur la scène, qu'est-ce que je peux vous dire de plus?????????

Clip ou court metrage?

Cette surprenante collaboration de Radiohead et UNKLE l'est à plus d'un titre! il faut dire que DJ Shadow est de la partie, et que Jonathan Glazer, fidèle parmi les fidèles du groupe (le sublime clip en noir et blanc de "Street Spirit" est de lui) et de Bjork, est aux commandes d'une vidéo hallucinante. Ceux qui ont aimé "les amants du pont neuf" du carrément barré Léos Carax reconnaitront Denis Lavant, dans un rôle brutal, assez semblable à celui d'Alex, le personnage mythique de ce film maudit.



yeah, je sais utiliser cette fonction maintenant! Imaginez ma fierté!

Plus de détails sur cette page très bien documentée d'un fan de Radiohead.

(oui Rijk, mes phrases ne suivent pas encore tout à fait la logique "sujet verbe complément", mais c'est supposé refléter le "stream of consciousness" tu vois!)

Autre ambiance, après le côté oppressant de ce tunnel glauque, c'est la vision utopique des cités par le même Jonathan Glazer. Ayez la curiosité de cliquer sur ce déluge de couleur!